Étude de sol pour la réhabilitation d’un assainissement individuel à Belin-Beliet

Réhabilitation d’une ancienne maison en “Garluche”

Aujourd’hui je me rends à la Villa Pouf, jolie demeure au joli nom, à Belin-Béliet, pour la réalisation de l’étude de sol préalable à la réhabilitation d’un assainissement individuel. La Villa Pouf, qui apparaît déjà sur la carte d’état-major dressée entre 1827 et 1875, est une ancienne maison typique des Landes construite en garluche.

La “garluche”, traduisez la “mauvaise pierre”, est un grès ferrugineux dont les pierres servaient autrefois à la construction des bâtisses dans les Landes de Gascogne. Identifiable à sa couleur rouille, la garluche prend tantôt la forme d’un grès rugueux, sorte de conglomérat de sables grossiers cimentés, tantôt celle d’un grès fin sculpter de petites caviés.

Stade ultime de la diagenèse* de l’alios, la formation de la garluche est complexe, et directement liée aux conditions environnementales des Landes : un sol acide limitant la décomposition de la matière organique, un substrat sablonneux lessivable, une nappe affleurante, et un réseau dense de fossés (crastes) qui draine le secteur et conditionne le rabattement de la nappe.

* transformation de dépôts sédimentaires en roche

Podzosol humique et landes mésophiles

Le territoire des Landes de Gascogne est essentiellement recouvert de formations sablonneuses. En pédologie, on parle de “podzosol” ou “podzol”. Il s’agit de sols montrant une migration de constituants organométalliques de fer et/ou d’aluminium puis une accumulation de ces particules dans un horizon sous-jacent. Les horizons des podzosols sont très différenciés les uns des autres : des horizons noirs riches en humus, des horizons d’accumulation de couleur rouille à brune riches en éléments métalliques, des sables beiges qui sont le matériau parental.

Les sondages en photo illustrent bien ce compartimentage, et mettent même en évidence une pédogenèse hétérogène avec des couleurs sombres sur la totalité du profil pour l’un des sondages, et un profil avec un horizon clair à faible profondeur pour un autre sondage. La topographie, la végétation et l’intervention de l’homme sont autant de facteurs qui peuvent expliquer ces différences.

Sur le terrain de la Villa Pouf, un puits révèle que la nappe est à environ -4 m/TN, ce qui est relativement bas pour ce territoire, considération faite de la période de basses eaux. Si la carte des sols indique que nous sommes sur un sol de lande humide, les chroniques de la piézométrie locale et les sondages effectués permettent de nuancer cet état des lieux, et de le rattacher plutôt à la catégorie de sol de lande mésophile, voire de lande sèche.

La combinaison de ces informations permet de brosser le mode de fonctionnement hydrogéologique du secteur, et enfin de concevoir l’ouvrage le plus adapté au traitement des eaux usées de l’habitation.

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